Témoignages de Résilientes

Des nouvelles de mon amie Nat

4 juillet 2018

Nous avez été nombreux à être touchés par l’histoire de Nat du Canada, et plusieurs d’entre vous m’ont demandé de ses nouvelles. Cet article fait suite à son témoignage bouleversant « Ce viol que j’ai nommé », publié le mois dernier sur mon blog.

Je vous raconte l’histoire de notre rencontre et la naissance de mon projet « Nous sommes toutes des Résilientes » pour faire de ce site un lieu d’entraide, de solidarité, de partage entre Résilientes du monde entier.  Continue Reading

Journal

Ma psychothérapie : le bilan

28 juin 2018

A ma psychothérapeute, qui m’a accompagnée vers le meilleur de moi-même. Je sais que c’est moi seule qui a fait tout ce chemin, mais son accompagnement m’a été précieux. Une rencontre magique… Merci du fond du cœur ♥

 

C’est avec beaucoup d’émotions que j’ai fini ma dernière séance chez ma psychothérapeute. Lorsqu’elle m’a annoncé il y a quelques semaines qu’elle estimait que le travail avec elle s’achevait, que dans un mois nous nous donnerions rendez-vous pour notre dernière séance, j’en ai été tellement émue… et si fière de moi en même temps !

Je savais que ce moment allait arriver arriver un jour, mais le temps a défilé à une telle allure, et c’est arrivé plus vite que ne j’aurai imaginé. Elle m’a conforté sur le fait que j’étais capable dorénavant de voler de mes propres ailes, que le travail sur la connaissance de soi va continuer à se faire, c’est un apprentissage de toute une vie, et qu’elle est confiante pour moi. Elle me rappelle que si besoin, j’ai toujours ses coordonnées, mais qu’à l’heure d’aujourd’hui, cette thérapie n’a plus lieu d’être.

Mon suivi thérapeutique s’achève après un an de travail ensemble, à raison d’une heure hebdomadaire au début, puis je suis passée à une heure toutes les deux semaines. Une année qui est passée tellement vite, que de chemin parcouru lorsque j’en fais le bilan ! Ma psychothérapie a été une vraie révélation et m’a énormément aidée à avancer sur mon chemin personnel.

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Inspiration Journal

Réaliser ses rêves : ma Bucket list

21 juin 2018

Parce que j’ai fait le choix d’écouter enfin mon cœur, de vivre et profiter de cette seconde vie qui m’est donné à vivre, il était enfin temps pour moi de réaliser mes rêves… Pour ne pas les oublier, et pour que cela ne reste pas que des rêves mais des objectifs à atteindre à plus ou moins long terme, rien de mieux que de les noter noir sur blanc dans une liste, sur un joli petit carnet. C’est ma fameuse « Bucket list » que j’avais mentionné dans mon article précédent sur la liberté d’être.

Qu’est-ce donc qu’une bucket list ? C’est la liste de toutes les choses que l’on aimerait faire avant de mourir, mais personnellement, je préfère le traduire par ma « liste de vie » ou tout que l’on a envie de réaliser de son vivant. C’est une liste qui n’est pas figée, elle est en constante évolution, certains rêves peuvent changer, des envies s’ajoutent, et d’autres s’enlèvent. Il est possible de marquer tout ce que l’on souhaite sur cette liste, il suffit d’écouter son cœur. J’y consigne mes rêves, même les plus fous, mes projets à réaliser, petits ou grands, et qu’ils soient à court, moyen ou long terme. Et lorsque cela devient plus concret, j’essaie de marquer une date ou une année pour fixer un objectif visible.

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Journal

La liberté d’être

14 juin 2018

Longtemps, j’ai laissé les autres décider pour moi, car je pensais que ma famille et mes proches savaient mieux pour moi ce qu’il me fallait. D’origine chinoise, j’ai été baignée dans ma plus tendre enfance dans cette double culture, et j’ai porté longtemps le poids des traditions familiales. Depuis enfant, comme c’est le cas dans beaucoup de familles asiatiques, je n’étais pas encouragée à exprimer mes sentiments, au contraire, il fallait les refouler, ne surtout pas montrer aux autres ce que je ressentais ou ce que je désirais… Montrer ses sentiments, c’est une marque de faiblesse, c’est parfois perdre la face. Alors il fallait porter sans arrêt un masque, montrer que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, ne surtout pas montrer que nous sommes avant tout humains, tous uniques dans notre vulnérabilité et nos imperfections.

Après le viol, je ne pouvais encore moins montrer mes sentiments qui me rongeaient de l’intérieur, comme je n’avais jamais appris à les exprimer, alors j’ai fait ce que j’avais toujours fait depuis mon enfance, refouler mes émotions. Toute cette peur, cette solitude, cette culpabilité et honte ont fait partie intégrante de mon combat intérieur, moi seule face à moi-même. Dans mon monde intérieur, c’était un champ de bataille, complètement dévasté, il ne restait que des ruines… Et moi au milieu de cet univers ravagé, il me fallait tout reconstruire seule, pierre après pierre… Mais j’ai réussi ce pari fou qui me semblait impossible, il m’a fallu un peu plus de 20 ans pour renaître de mes cendres, mais ce chemin de croix que j’ai dû faire seule, j’en suis si fière aujourd’hui.

Ainsi, pendant tout le temps de ma reconstruction, j’ai accepté que l’on décide pour moi puisque je n’étais pas capable de le faire. Ma vie a été une succession de « tu dois… » ou « il faut que tu… », et j’ai accepté ces règles sans conditions.

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Journal Témoignages de Résilientes

Nous sommes toutes des Résilientes

5 juin 2018

A toutes les Résilientes et celles en devenir, à tous ceux qui me sont chers, proches et amis du monde entier, à tous ceux et celles pour qui mon projet a du sens et souhaitent me rejoindre dans cette belle aventure, voici mon appel du cœur :

J’ai partagé mon histoire avec vous et je suis profondément touchée par tous vos messages de soutien inconditionnel, d’encouragement, de solidarité que j’ai reçu du monde entier depuis l’ouverture de mon blog en février. Mille mercis à vous tous ♥

Mon vœu le plus cher est que la mission de ce site ne s’arrête pas au partage de mon parcours personnel. Vous livrer mon témoignage est le premier pas de mon projet de vie. J’ai posé la première pierre, à vous de m’aider pour construire le reste, une chaîne de solidarité où les frontières n’existent plus.

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Ma résilience

5 février 2018

Je m’appelle Anya, et je suis moi-même une résiliente.

La résilience est un mot qui m’est particulièrement cher et qui résonne en moi. En physique, c’est l’aptitude d’un corps à résister aux chocs et à reprendre sa structure initiale. En psychologie, terme médiatisé par Boris Cyrulnik, la résilience est cette capacité à vivre, à rebondir, à se développer en dépit de l’adversité et vaincre des épreuves traumatiques. Dans mon cas, il s’agit d’un viol dans mon enfance. J’avais 15 ans…

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Témoignages de Résilientes

Ce viol que j’ai nommé

6 juin 2018

Je suis tellement émue de publier le premier témoignage d’une Résiliente… Découvrez l’histoire de Nat du Canada qui partage avec nous son chemin de vie.

Merci Nat, c’est grâce à toi que cette belle aventure commence aujourd’hui. Au nom de toutes les Résilientes et celles en devenir, merci du fond du cœur ♥

 

En novembre dernier, je suis tombée. Jamais je n’aurais pu imaginer.

Depuis toutes ces années, j’ai fui… J’ai avancé sans me retourner. Et pourtant, je savais que je ne pourrais pas y échapper éternellement. Je savais qu’un jour, je devrais y faire face. Parce que ça ne s’efface pas. Le mal persiste. Cette honte indescriptible. Cette émotion qui m’envahit lorsque je vois une image, que j’entends un mot, que je pense à cette période de ma vie. Et pendant tout ce temps, j’ai cru que le problème c’était moi. J’ai cru que je devrais un jour me pardonner. J’ai pensé que j’étais la fautive.

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Derrière toute peur se cache un désir

31 mai 2018

Derrière toute peur se cache un désir. Un désir parfois puissant, secret, profond, mais toujours inassouvi, qui ne demande qu’à se faire reconnaître. Nos propres peurs nous empêchent d’avancer et nous limitent. Elles nous bloquent et nous contraignent à la stagnation dans nos vies, à la résistance au changement, au statut quo. Mais si nous apprenons à regarder au-delà de nos peurs, si nous recherchons le désir qui se cache derrière chacune d’elles, le changement peut se produire et la magie opérer. Alors ce ne sont plus nos peurs qui vont nous guider nos vies mais nos espoirs, nos rêves et nos aspirations. Il est possible de transformer ses peurs et de les transcender.

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La mémoire du corps

24 mai 2018

Le corps a une mémoire, puissante, inaltérable et extrêmement intelligente. Le corps parle par là où il a souffert, c’est aussi simple que cela. Lorsque les mots ne peuvent sortir par la parole, le corps se charge de créer des maux pour pouvoir communiquer. Et si on ne l’écoute pas, il va parler de plus en plus fort, jusqu’à se révolter. C’est l’intelligence du corps humain.

Longtemps, j’ai ignoré ces maux, qui étaient en réalité des mots que mon corps m’envoyait et que je ne savais malheureusement pas entendre ni écouter. C’était sa façon de communiquer avec moi, me dire qu’il n’était pas d’accord avec mon choix de me taire pour fuir et essayer d’oublier ce qui était arrivé. Je n’avais pas su écouter ce que mon corps avait à me dire, ni comprendre tous les signaux d’alerte et de détresse qu’il m’envoyait.

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Je refuse de subir

17 mai 2018

Longtemps dans ma vie, j’étais restée victime, impossible de sortir de ce cercle vicieux. Et plus je subissais et moins je ne réagissais, plus ces schémas se reproduisaient dans ma vie. Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis tue, je n’ai pas osé m’exprimer ou refuser des situations car je pensais que ma parole et ma personne n’avaient aucune valeur. Je ne m’étais pas permise d’être moi-même.

Le pire, c’est que je pensais que c’était normal de subir et de se taire, j’avais un seuil de tolérance anormalement élevé. A chaque fois que je subissais, je me disais intérieurement que c’était moins grave que le viol, alors si j’avais survécu au viol, je pouvais tout encaisser. Je réalise aujourd’hui à quel point c’était grave de penser de cette façon, car en fonctionnant en terme de comparaison, forcément tout était moins horrible que le viol, difficile de faire pire… Comme je n’avais jamais trouvé une situation équivalente en terme de gravité, alors j’acceptais tout. Et je restais ainsi dans un processus de victimisation dont il est difficile de se défaire. A l’époque, je n’avais pas assez de respect pour moi-même, et j’ai mis très longtemps à m’apprivoiser et à apprendre à m’aimer…

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Le pouvoir de la parole

11 mai 2018

Après le viol, j’aurai sans doute pu parler plus tôt, mais je n’étais pas prête pour le faire. Trop peur d’être jugée et ne pas être entendue, peur que ma parole soit mise en doute, peur de la réaction des gens, peur d’être abandonnée, peur de moi-même et de me montrer telle que j’étais : souillée, honteuse, rongée par la souffrance et la solitude. Je m’étais réfugiée dans le monde que je m’étais créé, pour me protéger, essayer d’oublier et d’effacer les traces de cette sombre nuit.

J’aurai aimé qu’on me tende la main, qu’on puisse porter ma douleur et ma honte que j’avais intériorisées. Le viol est bien le seul crime où la victime se sent coupable, alors que celle culpabilité ne devrait pas lui appartenir une seule seconde… Moi-même j’ai gardé bien trop longtemps ces sentiments de honte et de culpabilité avant de pouvoir enfin les restituer au violeur, ils ne m’appartiennent pas, je n’ai plus à porter ces fardeaux, et un jour j’ai décidé que je n’en voulais plus dans ma vie.

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